Le Conseil des ministres a approuvé, en première lecture, le projet de loi sur la publicité dans le secteur public, avec lequel le gouvernement vise à accroître la transparence et l'objectivité et à éviter la discrimination dans l'attribution des ressources publiques aux médias. L'une de ses principales mesures est l'établissement d'une limite de 35 % sur les revenus des médias provenant des campagnes du secteur public.
Le texte a été promu par le ministère de la Transformation numérique et de la Fonction publique et le ministère de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les tribunaux, et fait partie du Plan d'action pour la démocratie que le président Pedro Sánchez a présenté en juillet 2024 avec des mesures pour le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et les médias dans le but de protéger et de renforcer le système démocratique.
Le texte est aligné sur le règlement européen sur la liberté des médias
Le projet de projet implique l'adaptation de la législation espagnole au Règlement européen sur la liberté des médias (EMFA), en vigueur depuis août de l'année dernière, et dont la mission est la protection de la liberté, de l'indépendance et du pluralisme des médias sur tout le territoire communautaire.
Par conséquent, le nouveau texte abroge la loi 29/2005, du 29 décembre, sur la publicité et la communication institutionnelle et s'adapte à la réalité numérique et au paysage informationnel actuel. Et, entre autres choses, il intègre les plateformes numériques en tant que destinataires réglementés de la publicité institutionnelle, comme l’ont été jusqu’à présent les médias traditionnels.
Comme l'explique Óscar López, ministre de la Transformation numérique et de la Fonction publique, le projet de loi sur la publicité dans le secteur public poursuit deux objectifs : d'une part, garantir la transparence aux citoyens, «afin qu'ils sachent où vont leurs ressources, à quelles campagnes et quels médias vont leurs impôts» ; et garantir l’indépendance réelle et économique des médias.
Il a assuré que le marché publicitaire espagnol atteint 13 milliards d'euros, dont 2,7 milliards d'investissements publics, des chiffres qui montrent la pertinence et l'impact de la publicité de l'Administration. « La publicité du secteur public joue un rôle essentiel dans l'information des citoyens, mais elle ne peut jamais devenir un moyen d'achat d'espace média. C'est une loi importante pour notre démocratie« , a-t-il commenté lors de la conférence de presse.
La principale nouveauté de la règle est l’établissement d’un plafond aux revenus provenant de la publicité institutionnelle via les médias et les plateformes numériques. Elle est fixée à 35 % du chiffre d'affaires annuel net ou de celui du groupe d'entreprises auquel ils appartiennent et couvre la somme des investissements reçus des trois niveaux d'administration (étatique, régional et local).
Le texte prévoit toutefois une clause relative aux médias locaux, qui ne seront pas du champ d'application tant que leur chiffre d'affaires n'excédera pas deux millions d'euros et que leur audience sera concentrée, au moins à 70%, dans trois Communautés autonomes voisines. Le respect de ces conditions doit être certifié annuellement par un agent externe indépendant.
D'autre part, le texte envisage un registre public des médias, dans lequel chacun, comme l'a expliqué le ministère, devra rendre public son nom, les noms de ses propriétaires directs ou indirects qui possèdent des paquets d'actions leur permettant d'exercer une influence sur son fonctionnement et le montant total annuel des fonds publics destinés à la publicité de l'État qui leur a été attribué.
Par ailleurs, la réglementation impose aux médias d'utiliser des systèmes de mesure d'audience conformes à la norme européenne qui impose la transparence de leurs méthodologies ; ainsi que la transparence par rapport à leurs tarifs et tarifs publicitaires.
Un rapport publicitaire annuel sera publié détaillant la destination des fonds publics
Le projet établit également un régime de base applicable à toutes les administrations publiques, mettant en œuvre la coopération entre l'État et les communautés autonomes dans le contrôle des dépenses publicitaires. Tous doivent transmettre des informations sur leur contrôle à la Commission nationale des marchés et de la concurrence.
En ce sens, la transparence s’applique également à l’activité des administrations. Le texte propose la création d'un rapport annuel de publicité, qui sera approuvé par le gouvernement et présenté aux Cortes avant le 30 juin, et qui comprendra des informations détaillées sur les bénéficiaires finaux des fonds.
L'avant-projet sera soumis à une audition publique et à la consultation des différentes communautés autonomes et entités locales, et devra revenir au Conseil des ministres pour recevoir l'approbation finale avant d'entamer son traitement parlementaire sous forme de projet de loi.









