Le burn-out cesse d’être un problème de bien-être et devient un risque pour la rétention des talents

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par Mylène

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L’épuisement professionnel n’affecte plus seulement le bien-être des salariés. Cela érode également leur engagement envers les entreprises. C’est l’une des principales conclusions du « Workforce Trends Report 2026 », préparé par DHR Global sur la base d’une enquête menée auprès de 1 500 professionnels en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. L’étude révèle que 83 % des travailleurs souffrent d’un certain degré d’épuisement professionnel, un chiffre pratiquement identique à celui de l’année précédente (82 %), mais met en garde contre un changement plus profond : l’épuisement professionnel a un impact croissant sur l’implication des gens dans leur organisation.

Ainsi, le rapport soutient que les entreprises sont confrontées à un scénario marqué par l’incertitude économique, l’émergence de l’intelligence artificielle, de nouveaux modèles de travail et une baisse générale de l’engagement au travail. Dans ce contexte, l’épuisement professionnel cesse d’être un phénomène isolé et devient l’un des principaux défis des entreprises, compromettant la productivité, la capacité à retenir les talents et la construction de cultures d’entreprise solides.

Le pourcentage de salariés qui s’estiment engagés passe de 88% à 64% en un an

L’épuisement affecte déjà l’engagement

Les données qui préoccupent le plus DHR Global ne sont pas tant la stabilité des chiffres du burn-out que l’évolution de ses conséquences. Alors qu’en 2025 34 % des travailleurs déclaraient que l’épuisement professionnel réduisait leur niveau d’engagement dans l’entreprise, en 2026 ce pourcentage s’élève à 52 %. Dans le même temps, la part des salariés s’estimant très ou extrêmement engagés passe de 88 % à 64 % en un an seulement.

L’étude interprète les deux données comme des phénomènes étroitement liés. Même si l’épuisement professionnel n’augmente pas de manière significative, sa capacité à détériorer le lien émotionnel avec l’organisation augmente, devenant ainsi un nouveau risque pour la rétention des talents.

Les principales causes du burn-out restent structurelles. La surcharge de travail arrive en tête de liste des facteurs indiqués par 48% des personnes interrogées, suivie par les horaires trop longs (40%) et les difficultés à concilier vie professionnelle et vie personnelle (37%).

Par ailleurs, le rapport identifie un changement particulièrement significatif : le manque de reconnaissance double pratiquement son poids comme cause du burn-out, passant de 17% en 2025 à 32% en 2026. Pour DHR Global, cette évolution reflète que le burnout répond à une question de charge de travail, mais aussi à la perception que l’effort fourni ne trouve pas suffisamment de récompense ou d’appréciation au sein des organisations.

Ce n’est pas un hasard si, à la question de savoir quelles mesures amélioreraient l’expérience employé, deux des réponses les plus répétées sont précisément une plus grande reconnaissance du travail à impact (37 %) et une charge de travail plus durable (37 %), ainsi que le développement professionnel (36 %) et une communication plus claire de la part de la direction (35 %).

Le problème est particulièrement aigu dans certains secteurs

Le burn-out ne touche pas tous les secteurs de la même manière. Selon le rapport, les niveaux les plus élevés d’épuisement professionnel modéré ou extrême sont enregistrés dans le commerce de détail (62 %), la santé (61 %) et la technologie (58 %).

Cela n’a pas non plus le même impact selon la position qu’occupe chaque professionnel au sein de l’organisation. Les profils d’entrée et les salariés ayant le statut d’associé sont ceux qui reconnaissent le plus que l’épuisement professionnel réduit leur engagement dans l’entreprise, bien au-delà des postes de direction.

Paradoxalement, le secteur technologique offre l’une des conclusions les plus marquantes de l’étude. Même s’il enregistre l’un des niveaux d’épuisement professionnel les plus élevés, il détermine également l’engagement des salariés : 78 % déclarent se sentir très ou extrêmement impliqués dans leur travail. DHR Global attribue cette différence à l’existence de cultures d’entreprise plus définies et cohérentes, capables d’amortir une partie des effets de l’épuisement professionnel.

Culture d’entreprise : du discours à la pratique

Le rapport place la culture d’entreprise comme l’un des principaux facteurs permettant d’inverser la situation. Si 93 % des professionnels considèrent la culture de leur organisation comme importante, seuls 36 % estiment qu’elle est véritablement définie et guide la performance quotidienne. Les autres le perçoivent comme incohérent entre les équipes ou sous-développé.

De plus, il existe un écart important entre la perception des managers et celle des salariés. Alors que 77 % des membres du comité de direction considèrent que la culture est « très importante », cette vision n’est partagée que par 37 % des professionnels qui entrent sur le marché du travail.

Pour cette raison, DHR Global conclut que les entreprises doivent cesser de comprendre la culture comme une déclaration de principes et la transformer en une expérience tangible basée sur la reconnaissance, la flexibilité, la communication et le développement professionnel. Le burn-out reste élevé dans le contexte des affaires et l’engagement s’affaiblit, la culture n’est donc plus un élément de réputation : elle est devenue un outil stratégique de rétention des talents.

Plus d’informations : Rapport sur les tendances de la main-d’œuvre 2026

À propos de

Mylène, créatrice du site internet My Trip.

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